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Coils pénurie chronique

Coil laminé à chaud /UE : une hausse inexorable

Des hausses de capacités en vue?

Posté par : Gwenaëlle Le Louette 21.04.2021

Depuis plusieurs mois déjà, c’est toujours la même litanie sur le marché européen du coil laminé à chaud, où les prix n’en finissent pas de grimper. La pénurie chronique en acier suscite des interrogations quant à savoir si les usines vont se résoudre à accroître leurs capacités de production.

Il reste à déterminer si, dans un avenir proche, les prix nord-européens du produit plat vont parvenir se hisser jusqu’à 920 €/t départ usine Ruhr. Cet objectif avait été annoncé par ArcelorMittal début avril.

La dernière hausse d’ArcelorMittal dope le coil à laminé à chaud à 970 €/t départ usine

Depuis lors, le géant de l’acier a de nouveau majoré ses tarifs. De fait, le 15 avril dernier, ArcelorMittal   a fixé le prix du coil laminé à chaud à 970 €/t départ usine, ce qui représente un bond de 50 €/t sur une semaine. A titre de comparaison, la hausse n’excédait pas  20 €/t une semaine auparavant.  

La majorité des usines européennes ne se procurent que de petits volumes dans la mesure où les prix en vigueur actuellement ne sont pas représentatifs d’un marché « normal ».

En outre,  alors que les tensions sur l’offre devraient encore s’intensifier, nombreuses sont les sources doutant de la capacité des usines à honorer les commandes réservées récemment par leurs clients . 

De fait, la pénurie en coils devrait s’accentuer durant la période estivale, des travaux de maintenance étant programmés dans plusieurs usines européennes. 

920 €/t départ usine réalisable lors de  la vente de petits lots

« Si le seuil des 920 €/t départ usine semble peu réalisable pour de grosses commandes de coil laminé à chaud, il l’est en revanche pour de petits tonnages de l’ordre de 100 à 200 t », a commenté un dirigeant d’une usine romaine, selon lequel  l’objectif des 905 €/t départ usine Italie semble atteignable à court terme.

Parallèlement, un distributeur berlinois considère quant à lui  que le niveau négociable s’établit à 920 €/t départ usine Ruhr en Europe du nord . En ce début de semaine 16, un contrat a été scellé à 970 €/t livré Allemagne, laissant présager de la signature de transactions à 1000 €/t livré Allemagne d’ici le troisième trimestre. 

Par ailleurs, plusieurs sources ont fait état de la modification des conditions de paiement par les usines. Ainsi, certaines d’entre-elles réclament désormais une assurance sur la ligne de financement s’appliquant aux nouvelles réservations. Au vu de l’ascension fulgurante des prix de l’acier, les acheteurs obtiennent difficilement cette assurance. 

Pas de livraisons spot avant le dernier trimestre

« On parle déjà du dernier trimestre pour les livraisons spot. Les stocks sont vides. Il est impossible de s’approvisionner en ce moment. Chaque hausse de prix est purement  théorique et complètement dé-corrélée  de l’évolution des coûts des matières premières », a déploré un acheteur basé au Benelux.

Selon ce dernier, il est tout aussi compliqué de réserver de la marchandise à l’import, les fournisseurs étrangers privilégiant le marché américain, plus lucratif que le marché européen.

La taxe carbone de 12 €/t initiée par Tata Steel devrait faire des émules

Après que Tata Steel a  récemment annoncé qu’il allait instaurer une taxe  carbone de 12 €/t concernant les accords contractuels, d’ autres producteurs de premier plan envisagent de lui emboîter le pas.

« Contrairement à d’autres entreprises, bien plus polluantes que la nôtre, nous n’émettons pas beaucoup de  CO2. Nous ne sommes donc pas disposés à dépenser des sommes importantes pour les fonds négociés en bourse (ETF, Exchange Trade Fund) spécialisés dans les émissions de carbone », a précisé le responsable de l’usine transalpine.

Pour mémoire, ces fonds ont été conçus pour respecter les objectifs de réduction des émissions de dioxyde de carbone définis par les Accords de Paris de 2015.

Une taxe peu pertinente?

Un distributeur bavarois a mis en exergue le fait que l’initiative lancée par Tata Steel se rapprochait de la taxe sur les matières premières imposée en 2006-2007, période à laquelle les prix des intrants de l’acier s’étaient propulsés à des niveaux historiques. Le distributeur allemand a ajouté qu’à l’époque, cette mesure avait été infructueuse.

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