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Consommation apparente d'acier en 2019 : un repli plus marqué que celui escompté par Eurofer

Posté par : Gwenaëlle Le Louette 19.05.2020

L’an dernier, la baisse de la consommation apparente d’acier a été plus marquée qu’Eurofer ne l’anticipait en début d’année.

De fait, en rythme annuel, la demande apparente s’est contractée de 5,3%, à 154 M de t- son plus bas point depuis 2015- alors que les prévisions faisaient état d’un déclin de 3,3% en janvier. Le recul affiché au dernier trimestre 2019, à 10,8% sur un an, était quant à lui encore plus net.

Ces piètres performances sont essentiellement imputables à l’effondrement du secteur manufacturier au sein de l’UE sur fond de ralentissement des importations et d’investissements moindres.

« Cette tendance, qui s’est accentuée lors du second semestre 2019, s’est accompagnée d’une escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et ses  principaux partenaires commerciaux », a commenté Axel Eggert, directeur général d’Eurofer.

Toutes les industries consommatrices clés ont subi des pertes en 2019, hormis le secteur de la construction, lequel, comparativement à un an auparavant, a progressé de 1,4% au dernier trimestre 2019, et de 3,9% sur l’ensemble de l’année dernière. Dans le même temps, l’industrie automobile a décliné de respectivement 8,5% et 6,9%.

Au regard des nombreuses incertitudes quant à l’impact de la pandémie de coronavirus et à la reprise  de l’activité économique, l’association européenne n’a pas établi de prévisions pour 2020, ni pour 2021.

Pas d’amélioration avant fin 2020, début 2021

« Les conditions de marché ne devraient pas s’améliorer avant le dernier trimestre 2020, voire le premier trimestre 2021. Tout dépendra de la durée du confinement industriel dans les secteurs utilisateurs d’acier, lequel a quasiment mis à l’arrêt les nouvelles commandes d’acier du côté de l’offre, même si l’on constate déjà des signes d’une reprise sur certains segments, à l’instar de celui de l’automobile », a commenté Eurofer.  

Une demande atone jusqu’à fin 2020

« La reprise  dépendra également de la capacité des gouvernements à alléger les coûts économiques et sociaux très lourds engagés dans le cadre de la crise sanitaire en vue de soutenir la demande. La demande émanant des consommateurs devrait rester léthargique tout au long de l’année 2020 dû au bouleversement socio-économique. Il faudra donc du temps avant que la production n’opère une nette remontée à l’issue du confinement industriel », a précisé l’association.

De l’avis d’Eurofer, lorsque l’économie renouera avec des conditions normales, les risques de ralentissement déjà présents avant la survenue du Covid-19 devraient perdurer, à l’instar d’un Brexit sans accord, de tensions commerciales, des difficultés rencontrées par le secteur manufacturier et de la capacité excédentaire observée à l’échelle internationale.