

Acier vert Soutien nécessaire de Bruxelles
Production d'acier vert / Europe
SEI : la région doit être plus ambitieuse
Posté par : Gwenaëlle Le Louette
23.02.2026 à 16h50
D’après une étude réalisée par des chercheurs du SEI (Stockholm Environment Institute), l’Europe ne doit faire preuve d’aucune hésitation quant au recours accru à l’acier vert, une solution innovante visant à stimuler la compétitivité de la région.
« L’accélération de la production d’acier vert va jouer un rôle essentiel dans la résilience des chaînes d’approvisionnement et la compétitivité des industries d’importance stratégique en aval. Le manque d’audace et d’ambition de l’Europe en matière de transition verte pourrait bien faire obstacle à son développement industriel », a déclaré le SEI.
Même si les coûts de production relatifs à l’acier décarboné sont variables selon les pays européens, ils sont supérieurs de 20 à 30 % à ceux de l’acier conventionnel produit par la filière des hauts-fourneaux. De l’avis des chercheurs du SEI, à l’horizon 2030, les coûts inhérents à l’acier vert, oscilleront entre 625 et 906 €/t.
Au sein de l’UE, le système d’échange d’émissions des quotas de gaz à effet de serre et le durcissement du MACF pourraient, à court terme, rendre la production d’acier à base d’hydrogène plus compétitive en Scandinavie, au Portugal et en Espagne, où les coûts de production d’acier décarboné sont inférieurs à ceux des autres pays européens.
Bruxelles doit soutenir la filière
Si les sidérurgistes européens sont en faveur de la neutralité carbone à l’horizon 2050, ils réclament une aide accrue de la part de Bruxelles pour y parvenir. Eurofer redoute un risque de désindustrialisation à l’échelle européenne si la transition verte ne bénéficie pas du soutien approprié.
L’association juge la Commission européenne trop ambitieuse en matière d’objectifs climatiques, l’institution bruxelloise ciblant, d’ici 2040, une réduction nette de 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. En 2021, la Commission avait adopté un objectif de réduction d’émissions de 55 % pour 2030.
« L’objectif de 90 % de réduction des émissions pour l’UE implique une décarbonation quasi-totale des industries énergivores, telles que la sidérurgie », d’après Axel Eggert, directeur général d’Eurofer.
Des objectifs inatteignables pour l’UE ?
« Compte tenu de l’environnement de marché défavorable et des investissements conséquents nécessaires à la transition énergétique, un objectif aussi ambitieux va remettre en cause la faisabilité économique et technique de la politique climatique de l’UE », a averti Axel Eggert.
L’UE mise sur le captage du carbone pour faciliter la transition climatique. Bruxelles prévoit ainsi le captage de 280 M de t de CO2, dont les deux-tiers seraient stockés et un tiers réutilisé, d’ici 2040, puis 450 M de t d’ici 2050.
Par ailleurs, la Chine, bien engagée dans la décarbonation de son économie, est la première productrice d’énergies vertes à l’échelle internationale. Le géant asiatique domine actuellement la production de la plupart des équipements indispensables à la transition énergétique, tels que les véhicules électriques, les panneaux solaires, les batteries, les éoliennes ou encore les électrolyseurs.
Le pays a également dépassé l’Europe dans la recherche et le développement des technologies bas carbone. Quoiqu’il en soit, il continue de dépendre largement de ses centrales au charbon pour répondre à une demande accrue d’électricité.
Chine : en retard pour la production d’acier vert
Sur le front de la production d’acier vert, le pays reste à la traîne. De fait, le fort ralentissement de la demande sur le marché local, occasionnant une surcapacité chronique, entrave la transition vers une production d’acier propre.
Les coûts énergétiques élevés et les approvisionnements limités en ferraille pèsent sur l’accroissement des taux d’utilisation de capacités de la filière électrique. Le pays tarde à remplacer ses hauts-fourneaux à charbon par des fours électriques, utilisant des déchets recyclés plutôt que du minerai de fer comme matière première.
L’an dernier en Chine, la part de l’acier produit via la filière électrique a atteint 48 %, contre 71,8 % aux Etats-Unis et 58,8 % en Inde. La moyenne mondiale se situe, elle, autour de 30 %.


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