

Unesid Surcoûts énergétiques Plan d
Surcoûts énergétiques / Espagne : Unesid tire la sonnette d'alarme
Nécessité de mettre en oeuvre un plan d'urgence
Posté par : Gwenaëlle Le Louette
24.09.2026 à 15h14
Unesid, l’Union des Entreprises Sidérurgiques espagnoles a averti de la « sévère détérioration des conditions de marché liées aux coûts de l'énergie » que subit l’industrie sidérurgique locale, laquelle produit une bonne partie de sa production via la filière électrique.
Dans ce contexte, l'association qualifie de « nécessaire » le déploiement, dans les meilleurs délais, d'un plan d'urgence en matière énergétique.
Ce dernier vise à garantir la poursuite de l'activité industrielle cette année et à assurer une visibilité concernant sa continuité l’an prochain.
La proposition d’Unesid est axée sur le relèvement, jusqu'à 1.000 M d'euros au minimum, de la dotation allouée pour 2026 destinée à compenser les coûts indirects de CO2, jusqu'au maximum autorisé par la réglementation de l’UE. L’association espagnole souhaite également être informée du montant qui sera fixé pour l’an prochain.
La sidérurgie espagnole pâtit de coûts plus élevés que dans le reste de l'UE
« Une telle mesure permettrait de réduire le différentiel de coûts que doit assumer la sidérurgie espagnole par rapport à ses concurrents européens. Elle contribuerait aussi à préserver la compétitivité d'une industrie fortement axée sur l'exportation, 70 % de la production nationale étant destinés à l’étranger, dont près de deux tiers sont expédiés vers l'UE », d'après Unesid.
Selon les calculs provisoires de l’asociation espagnole, sur la période de mars à décembre 2026, le secteur devra s'acquitter d'un surcoût énergétique avoisinant 658 M d'euros, dont environ 452 M d'euros se concentreront entre septembre et décembre. Unesid estime l'impact à près de 403 M d'euros pour la consommation d’électricité et à environ 255 M d’euros pour l'utilisation du gaz.
D’après l’association, « la situation s'est particulièrement dégradée ces derniers mois ». Ainsi, en juillet, le prix moyen du marché électrique s'est établi à 104,75 euros par mégawattheure (MWh), un niveau supérieur de 50,5 % à celui de juin.
Dans le même temps, les tarifs du gaz ont avoisiné en moyenne 55,5 euros le MWh, soit un bond de 23,5 % comparé à juin. Pour le quatrième trimestre, le coût de l’électricité pourrait atteindre 43 euros le MWh et environ 76 euros le MWh pour le gaz naturel.
Le secteur incapable d'absorber des coûts massifs
De l’avis de Carola Hermoso, la directrice générale d'Unesid, l'industrie sidérurgique « n’est pas en mesure d’absorber indéfiniment des coûts énergétiques exorbitants qui pénalisent à la fois sa capacité de production, ses investissements et sa compétitivité ».
« L’environnement actuel du marché nécessite l’instauration de mesures immédiates, mais également la prise de décisions structurelles afin que les entreprises locales puissent disposer d'une énergie stable, fiable et compétitive » a-t-elle précisé.
Unesid a mis en exergue le fait que que la pression exercée par la flambée des coûts « a déjà des incidences sur l'activité. Les entreprises enregistrent des arrêts de production pendant les heures où les prix de l’électricité atteignent un pic. Cette pratique pourrait s’accentuer si les prix se maintiennent à leurs niveaux actuels », a-t-elle signalé, rappelant que tout cela se produit dans une filière déjà fragilisée par une activité en berne.
L'automobile à la peine
La situation est également compliquée pour l'industrie automobile, l'énergie représentant environ 5 % des coûts de fabrication d'un véhicule, selon le projet Espagne Auto 2030. Environ trois quarts de la consommation énergétique des sites automobiles correspondent à l'électricité.
Une grande partie du risque se trouve, cependant, dans la chaîne d'approvisionnement. La construction d'une voiture nécessite l'utilisation de l'acier de l'aluminium, du verre, des plastiques, de la peinture et de nombreux autres composants fabriqués par des industries très énergivores.
L'accroissement des coûts de production peut ainsi impacter les usines d'assemblage par le biais des prix des matières premières et des pièces.


Production automobile / Italie : piètres performances en 2024
Un plan de relance s'impose pour stimulerla filière, selon Anfia
La production italienne de véhicules de tourisme a chuté en décembre et sur l’ensemble de l’année 2024, d’après Anfia, l’association nationale de l’automobile. L’an dernier, la production a dégringolé de 42,8% en rythme annuel,...




