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Décarbonation Fer brésilien Acier vert

Décarbonation / Europe : le fer brésilien importé, une option prometteuse ?

Peu de projets ont abouti dans le monde

Posté par : Gwenaëlle Le Louette 07.04.2026 à 10h49

D’après un rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Brésil pourrait jouer un rôle décisif en contribuant à la survie de la filière sidérurgique européenne. La décarbonation des industries énergivores se révèle plus difficile que prévu. De fait, la production d’acier à très faibles  émissions  de C02 a atteint 115 M de t fin 2025.

Ces volumes ne représentent que 5 % de la production actuelle et 20 % des niveaux requis à l’horizon 2035, dans le cadre de l’objectif zéro émission nette ciblé par l’AIE.

« Le Brésil dispose de ressources énergétiques compétitives ainsi que des infrastructures existantes pour le fer et l’acier. Si les producteurs d’Europe occidentale importaient du fer brésilien produit avec de l’hydrogène à faibles émissions, le coût de l’acier vert serait quasi-équivalent à celui de l’acier conventionnel. En général, les coûts de l’acier décarboné sont supérieurs d’environ 20 % à ceux de l’acier issu de hauts-fourneaux », a commenté l’AIE.

Des coûts de production de l’acier vert très élevés

D’après  l’agence internationale, selon le pays, la production d’acier vert coûte 20 à 145 % plus cher, soit 125-600 $/t (108-519 €/t) de plus que celle de l’acier produit de façon traditionnelle. 

A l’échelle européenne, la majorité des projets n’en sont encore qu’aux premiers stades de leur développement. D’autres sont, eux, sur le point de démarrer via l’utilisation de gaz naturel, un processus de production bien plus polluant que l’hydrogène vert.

Une décision finale a été rendue en matière d’investissements pour seulement 5 % de ces projets, ce qui équivaut à  6 M de t d’acier vert par an. Depuis 2024, plus de 15 M de t de capacité, ont été reportées, voire annulées, ce qui réduit ainsi les volumes de capacité prévus pour 2027 de près de 20 %.  

La flambée des coûts de l’énergie contribue à accroître les coûts liés à la décarbonation et grignote la compétitivité, notamment en Europe, où les prix ont grimpé de 30 % depuis 2020.

De nombreux obstacles à la décarbonation

Le durcissement du régime fiscal, conjugué à la surcapacité à l’échelle mondiale, la  réticence des acheteurs à débourser davantage pour se procurer de l’acier vert, le niveau élevé des coûts du travail, des installations vieillissantes et une réglementation complexe sont autant de facteurs pesant sur la décarbonation des aciéries européennes.

D’après  l’agence internationale, « les économies avancées ne peuvent plus compter sur leurs atouts traditionnels pour assurer leur compétitivité. Ces avantages ne permettent plus de compenser les faiblesses structurelles qui ont été exacerbées par les pressions exercées sur le marché  à l’échelle internationale ».

Nécessité de nouer des partenariats stratégiques

« Des partenariats stratégiques, permettant de partager la chaîne d’approvisionnement en vue de maximiser les forces et atouts dont disposent chacun des partenaires commerciaux, pourraient constituer une voie alternative », a ajouté l’AIE.  

Dans une telle configuration, le Brésil prendrait en charge les étapes énergivores de la production, tandis que l’Europe assumerait les activités à valeur ajoutée, un domaine dans lequel elle a une longueur d’avance, grâce à des technologies de pointe.  Toutefois en 2035, l’acier européen produit à partir de fer décarboné importé coûterait 30 % plus cher que les importations chinoises.

« En Europe, de nombreux sites industriels ne sont pas adaptés à une production d’acier à bas coût et nulle en émissions de C02. Si ces sites avaient recours à des importations d’intrants intermédiaires et s’ils mettaient l’accent sur la transformation en aval, ils pourraient sauvegarder la majorité des emplois au sein de leur secteur », d’après le rapport de l’AIE.

                 

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